tag:blogger.com,1999:blog-44855452478830983402008-07-24T11:08:49.431-07:00Mk Twelve : L'Ego System- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comBlogger8125tag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-44092273448719948742008-07-21T05:52:00.000-07:002008-07-24T11:08:49.447-07:00Late Blabla.Under construction :p- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-57922026145654661872008-07-19T07:10:00.001-07:002008-07-24T10:52:53.052-07:00Le geek, c'est chic.<a href="http://www.oneplusyou.com/bb/geek" style="text-decoration: none; background: url('http://www.oneplusyou.com/bb/css/img/quiz/geek_badge.jpg') no-repeat; display: block; width: 268px; height: 82px;"><span style="display: block; padding-left: 125px; padding-top: 28px; color: #000; font-family: Arial; font-size: 22px;">60% Geek</span></a><p>Created by OnePlusYou - <a href="http://www.oneplusyou.com">Online Dating Site</a></p>- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-92045664320670588992008-07-18T13:41:00.000-07:002008-07-21T04:45:42.822-07:00Home Sweet Home.<div style="text-align: justify;"><span style="font-style: italic;"> Discussion de production dans les plus hauts étages des bureaux de la chaîne ABC, à propos de la nouvelle saison de « Extreme Makeover Home » (en français, « Les Maçons du Cœur », dont le principe consiste à changer la vie d’une famille nécessiteuse en refaisant entièrement sa maison).</span><br /><br />- Bon, dites-moi ce qu’on a pour le moment pour ouvrir la sixième saison.<br />- On a visionné toutes les cassettes de candidatures, Gordon et moi, et il faut se rendre à l’évidence, nous avons refait la maison de tous les cas les plus désespérés du pays…<br />- Ce que veut dire Shirley, c’est que le cru de cette sixième édition risque de ne pas être du même niveau que ce qui a précédé. Le « potentiel émotionnel » des nouvelles candidatures laisse à désirer, Candace.<br />- Proposez toujours…<br />- Et bien, nous avons par exemple la famille Tanaka. Leur fils de neuf ans est en fauteuil roulant, et sa chambre se situe au premier étage «sans ascenseur». Et les parents n’ont pas les moyens d’installer un système d’élévateur électrique, alors il dort sur le canapé.<br />- Il faut préciser que le gamin est le sosie, en plus jeune évidemment, de Hiro, vous savez, le petit asiatique qui crie Yataaaa ! dans la série Heroes. Très bon pour l’empathie du public.<br />- Non mais attendez, vous me faites quoi là. Je savais que Gordon avait subit une semi ablation du cerveau, depuis la fois où il a donné le feu vert pour cette famille de Miami dont la mère était en fait un transexuel, mais toi Shirley, je pensais que tu avais un peu plus de discernement ! Un petit chinois…<br />- Japonais…<br />- Peu importe, un gamin asiatique en fauteuil roulant qui ne peut pas monter des escaliers. Mais qui va croire que ses parents n’ont pas assez d’argent pour équiper la maison d’un système pour handicapé ??<br />- Leur dossier est béton, leurs revenus concordent avec la charte de l’émission. Tous les citoyens américains d’origine asiatique ne roulent pas forcement sur l’or…<br />- Mais pour qui vous me prenez tous les deux ? Je sais tout ça ! Mais la grosse ménagère du fin fond du Kentucky, elle, elle ne le sait pas ! Pour elle, les asiatiques sont rusés et fourbes, des enfoirés d'étrangers privilégiés, et par conséquent trouvent toujours le moyen d’avoir une bonne situation. Alors je doute que votre petit Tching-Tchong réussisse à lui tirer beaucoup de larmes.<br />- Ça n’est pas comme ça que nous allons faire reculer les préjugés…<br />- Le brave Gordon découvre le principe de l’émission au bout de cinq saisons… C’est un cercle vicieux et tu le sais, alors dégage moi cet air faussement révolté, chéri, et trouve moi autre chose. Je ne sais pas... On n’a pas le même dossier, mais avec une famille Noire ?<br />- Non, malheureusement, les Noirs se contentent d’envoyer des cassettes avec des messages de désespoir lambda. Ils pensent sûrement que le simple fait d’être Noir est un argument suffisant pour qu’on les aide.<br />- Les sarcasmes sont hors de propos. Je vous rappelle qu’on n'a réussi à combler les deux dernières saisons qu'uniquement grâce à Katrina. Ne me dite pas que vous êtes infoutus de me trouver du lourd dès qu’on a pas le coup de pouce d’une catastrophe naturelle ?<br />- J’ai bien un truc, mais d’après Gordon, c’est un peu too much.<br />- Non, Shirley…<br />- Ta gueule Gordon. C’est pas comme si vous étiez payés pour ça.. Shirley, je t'écoute.<br />- Et bien… il y a cette famille dans le Kansas.<br />- Des Noirs ?<br />- … Non.<br />- Des hispaniques ?<br />- … Non plus, ils sont Blancs, mais ce qui leur est arrivé est incroyable.<br />- Ça a plutôt intérêt, les WASP devant leur écran ne s’apitoient pas sur leurs semblables.<br />- En fait, la famille en question était en vacances il y a trois mois, quand ils reçoivent un coup de fil de leur voisin, leur annonçant que leur maison a… explosé.<br />- Pardon ?!<br />- Suite à une fuite de leur citerne de gaz dans la cave, en gros. Ils sont rentrés et ils n’ont trouvé à la place de leur maison qu’un énorme cratère. Leur porte d’entrée blindée a été retrouvée à plus d’un kilomètre.<br />- Je vois, et vous venez me vendre un pauvre jap à roulettes au lieu de commencer directement par ça ?!? Gordon, lamentable con, tu es viré. Je veux la famille…<br />- Nutch.<br />- Je veux la famille Nutch au téléphone dans une demi-heure. Je vais leur annoncer que l’explosion de leur maison est la meilleure chose qui leur soit jamais arrivé. Extreme Makeover Home va changer leur vie !<br />- Vas-y molo tout de même.<br />- Pourquoi donc ?<br />- Leur chien, Blacky. D'après leur dossier de candiature, il n’a pas eu la chance de partir en vacances avec eux …<br />- Pas de problème, on leur remplace et la maison, et le chien. Plus beau, plus gros et plus affectueux. Je sens qu'on va cartonner ! Ça c'est de la télé !<br /><br />-Mk-<br /></div>- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-54231852109264205342008-07-17T13:46:00.000-07:002008-07-21T04:42:04.262-07:00Les Nouveaux Explorateurs.<div style="text-align: justify;">Guy Lesterel avait peur. Très peur. Son état de nervosité aurait fait passer le Président Sarkozy pour un maître zen. Comment le tournage de son documentaire avait-il pu dégénérer à ce point ?<br />Parti aux confins de l'Inde pour y rapporter les images insolites d'une tribu de farouches guerriers du Nord, les Mûndaris, sa tentative d'intégration virait maintenant à la désintégration. Déjà à son arrivée, il ressenti comme une once d'inquiétude lorsque le chef du village ordonna qu'on égorge les soixante chèvres qui formaient leur troupeau afin de, selon leur tradition, se laver du déshonneur auprès des dieux d'avoir à accueillir un étranger dans leur communauté. Autant dire que ce "blanc-bec" qui se tapait l'incruste n'était pas très bien vu, étant donné que les chèvres était leur seul moyen de revenus et par extension, de survie. D'ailleurs, l'invité surprise n'était pas seul, il avait amené dans ses bagages George Serkis, son caméraman habitué aux conditions extrêmes, ainsi que Dhanesh Uttam, un interprète recruté à l'aéroport. Coup de chance, les rares informations dont Guy disposait sur la tribu était que ses membres étaient contraints par leur tradition d'offrir l'hospitalité aux voyageurs. D'où le fait qu'ils se soient installés loiiiiiiiiin dans le désert, afin d'éviter d'avoir à décimer leur bétail tous les deux jours au premier pèlerin qui passe. Mais cela n'avait pas suffit, car c'était sans compter la soif d'exotisme réclamé par le spectateur occidental.<br />Pour en revenir à la fâcheuse situation dans laquelle se trouvait Guy, tout bascula à la tombée de la nuit, lorsqu'on se réunit pour dîner. Ce soir là, il y eu évidemment beaucoup, beaucoup, de viande de chèvres au menu. Les Mûndaris se montraient peu loquaces, et les tentatives de Guy pour établir le contact furent toutes plus vaines les unes que les autres. Cependant, il remarqua qu'une des femmes lui envoyait des regards timides et amusés. Il sauta sur l'occasion et alla s'asseoir à côté d'elle. Avant même de lui adresser la parole, il entreprit de se montrer rassurant et posa délicatement, mais sans sous-entendu, sa main sur l'épaule de la jeune femme. Cette dernière le repoussa dans un réflexe de panique. Sacrilège ! Le chef du village, dont c'était l'épouse, hurla à la mort. Guy l'ignorait, tout comme Wikipédia l'ignorait, mais toucher une femme chez les Mûndaris était le plus grand des affronts de la part d'un étranger.<br />A partir de là, tout alla très vite. George le caméraman qui, manque de bol, filmait le chef du village en gros plan, capta parfaitement l'expression de colère foudroyante qui traversa son visage. Ce fut le dernier plan de sa carrière audiovisuelle, et de sa vie tout court. Les guerriers se saisirent de leurs armes et achevèrent ce pauvre George en une chorégraphie semblable à celle des grands chefs cuisiniers s'acharnant sur une pauvre carotte sans défense. Guy se redressa instantanément. L'atmosphère était à couper à la machette. Voyant l'attroupement s'avancer dans sa direction avec dans le regard quelque chose qui, en langage universel, voulait dire "cours !", il pris ses jambes à son cou. Le hameaux en terre cuite n'était pas grand, mais c'est fou ce qu'il était peuplé. Chaque recoin laissait apparaitre un autochtone et sa lame, et Guy ne pu s'esquiver dans le désert. Il se retrouva adossé à une porte dorée, qu'il s'empressa d'ouvrir et il disparu derrière elle en la claquant. Dehors, la tribu laissa échapper un "hhhuuuuuuuuuuuuuuuuu" craintif et primitif. Apparemment, c'était un endroit sacré. Guy balaya la pièce des yeux et conclu avoir pénétré une sorte de temple, avec un autel et plein de babioles folkloriques empilées aux alentours.<br />Il entendait les autres aboyer et courir dans tous les sens quand soudain, une voix familière s'adressant à lui en hurlant lui parvînt.<br />- Ils disent... ils disent il faut sortir, monsieur Guy !<br />Merde ! L'interprète ! Ils ne se connaissaient que depuis quelques heures, il n'avait pas encore eu le temps de se faire à sa présence, et voilà qu'il l'avait laissé aux mains de ses brutes. Nouvelle salve de grognements hargneux dans un dialecte qui ne l'était pas moins. Décodage immédiat.<br />- Ils disent... ils vont tuer moi si tu sors pas !<br />Que faire, bordel, que faire ?! Il se mit a réfléchir à mille à l'heure. Si je sors, ils vont nous tuer tous les deux, pensa-t-il. Si je sors pas, ils le tue lui, mais moi je finis mes jours ici, à jouer au Bingo avec une statuette d'homme à visage de... putain mais c'est quoi cet animal ?<br />Il regarda son téléphone portable. Pas de réseau, évidemment. Nouvelles menaces en provenance de derrière la porte.<br />-A trois, il coupe la tête de mon corps !<br />Non, pas ça, pas ça ! Une solution, vite, une solution !<br />-Un !<br />Sortir avec la statuette brandie au dessus de ma tête ? Mais si c'était la hutte qui était sacrée, et non la statuette ?<br />- Deux ! Monsieur Guy, s'il te plait, faut dépêcher toi !<br />Pauvre Dhanesh, être obligé de traduire le décompte de sa propre mise à mort.<br />- Troaaaargh...<br />Enfoirés ! lança-t-il en s'accroupissant contre un pan arrondi - une hutte ronde n'ayant pas de coin - et s'effondra en larmes. Les heures passèrent, mais les guerriers, eux, restèrent, bien plantés devant la porte de la hutte sacrée. Une explosion suivie de rafales de mitraillettes sortirent Guy de sa torpeur. L'enfer se déchaina de l'autre coté du mur, puis, plus rien. Lorsqu'il se risqua à ouvrir la porte et jeter un œil furtif à l'extérieur, il ne découvrit que ruines et amoncellement de cadavres. Sur la ligne d'horizon du désert, les silhouettes de trois tanks et d'une dizaine de fantassins s'éloignaient en contre-jour.<br />Putain, c'est mouvementé le Nord de l'Inde ! se dit-il. Par chance, la caméra de George était toujours en état de marche et il décida de filer cette mystérieuse escouade de la mort. A coup sur, ça ferait un super film ! C'est à croire que tout ceci ne lui avait pas servi de leçon...<br /><br />-Mk - (bâcleur de fin)<br /></div>- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-23036675679977326422008-07-16T10:10:00.000-07:002008-07-16T10:14:45.708-07:00Lost in Translation.<div style="text-align: justify;">Après avoir fait les cents pas dans sa chambre d’hôtel comme un chaton en cage, il en était arrivé à cette conclusion : aussi ridicule que ça puisse paraître, il était Charlotte dans le film Lost in Translation. Jusqu’ici, il ne s’était identifié qu’au personnage de Bill Murray, désabusé, lassé et embarqué dans une histoire innocente avec une fille bien plus jeune que lui. Mais en réalité, la fille, c’était lui. Il était jeune, peut-être spirituel, mais totalement perdu. Ses rêves et ses objectifs lui apparaissaient soudain comme n’ayant plus le moindre sens. Sa vie elle-même n’avait plus de sens. Il n’arrivait plus à entrevoir quoi que ce soit au travers du chaos de ses sentiments. Quelle était la suite ? Ce qu’il ressentait n’était pas nouveau dans l’histoire de l’humanité, et il le savait. C’était même la cause de toute cette remise en question. Comment croire que l’on peut encore se distinguer alors que tout ce qu’on vit a déjà été vécu, tout ce qu’on ressent a déjà été ressenti ? Et plus grave encore, que tout a déjà été retransmit, écrit, filmé, peint, et ce avec beaucoup plus de talent qu’il n’en aurait jamais. Manquant d’oxygène, il défit son nœud de cravate et s’assit sur le lit. Il savait pertinemment qu’il se mentait à lui-même, et que tout ce baratin intérieur ne cachait en fait qu’un seul et unique regret : il n’avait pas eu le courage de l’appeler. Il n’avait pas eu les couilles de pouvoir enfin être heureux. Avec elle, ce voyage aurait pu abréger ses souffrances. Son cœur se serra dans sa poitrine aussi fort qu’il aurait aimé la serrer contre lui. Ici, maintenant. C’est alors qu’il comprit. L’illumination. Rien à foutre que la Terre ait porté des génies avant lui. Elle en portera bien après. Cette douleur lancinante faisait de lui un être humain qui avait le droit, comme les six milliards d’autres, de tout ressentir, de tout vivre et de tout retranscrire. La fille qu’il aimait était sa justification pour exister.<br /><span style="font-style: italic;">Ses formes seraient le fond qui manquait jusqu’ici à son œuvre</span> ! Il ne voulait pas être connu, non, il voulait simplement la connaître elle, et il se jura qu’elle serait le moteur de sa course effrénée vers le néant, qu'elle serait son inspiration, son graal. Il vivrait non seulement pour elle mais par elle. Même un simple grain de sable sur sa délicate cheville suffirait de point de fuite en avant à sa perspective.<br />Revigoré, il sourit tandis qu’il sentait le frisson d’un nouveau départ remonter sa colonne vertébrale. Le sujet était clôt et il lui fallait se mettre au travail sans plus attendre. Mais avant, il ordonna au room service de lui apporter un gigantesque Tiramisu au Grand Marnier. Oui, imaginer quel goût pouvaient bien avoir les lèvres de sa muse lui avait donné faim.<br /><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_ZNQGBQ5o00Y/SH4sKPzuRxI/AAAAAAAAAZA/syTicP4l4VM/s1600-h/scarlett_johansson_-_mary_ellen_matthews_photoshoot_1_.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_ZNQGBQ5o00Y/SH4sKPzuRxI/AAAAAAAAAZA/syTicP4l4VM/s320/scarlett_johansson_-_mary_ellen_matthews_photoshoot_1_.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5223661172350142226" border="0" /></a><br />-Mk-<br /></div><br /><span style="font-size:100%;"><span style=""></span></span>- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-13234264886181814662008-07-14T08:51:00.000-07:002008-07-15T04:57:55.764-07:00Néologisme.<div style="text-align: justify;"><span style="font-size:100%;">Si j'osais me lancer dans un mauvais téléscopage de mots <span style="font-style: italic;">à la Frédéric Beigbeder</span>, je dirais qu'être en perte de moral à cause des vacances d'été et de tout ce que cela implique (ce qui a toujours été mon cas), c'est être <span style="font-style: italic;">déprestival</span>.<br />Merci.<br /><br />-Mk-<br /></span></div>- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-33037458504443097122008-07-13T13:55:00.000-07:002008-07-21T04:31:59.784-07:00Soirée costumée.<div style="text-align: justify;"><span style="font-size:100%;">Bobby Carslon appuya fébrilement sur la sonnette. Les pulsations de son coeur avoisinaient les quatre cents par minute, d'une part à cause des six étages sans ascenseur, mais aussi et surtout car Sonia McFlurry allait lui ouvrir sa porte d'une seconde à l'autre. Il attendit quelques secondes sur le palier baignant dans une lueur glauquement verdâtre et le bruit sourd d'une fête qui bat son plein, puis surmonta sa timidité en osant une deuxième salve de sonnette. C'est que Bobby était impatient de faire son entrée. Il en avait bavé pour dénicher son costume. Allez en trouver un, vous, de costume de crabe pour adulte !<br />Sachant que sa présence à la fête costumée de Sonia n'avait pas été évidente, pour elle comme pour lui, il s'était dit qu'il devait frapper fort. En fait, voilà comment il en était arrivé à recevoir une invitation. Le truc bête. Sonia ouvrit la porte du bureau "comptabilité", remarqua immédiatement que le fauteuil de Bobby Carlson était vide et s'empressa </span><span style="font-size:100%;">donc</span><span style="font-size:100%;"> d'inviter </span><span style="font-size:100%;">avec enthousiasme</span><span style="font-size:100%;"> ses trois collègues de travail à sa grande fête costumée de vendredi prochain. Fête dont le thème était "n'importe quoi commençant par la lettre C". Lorsqu'elle vit les airs gênés de ses futurs invités, qui tous envoyaient des regards en direction du coin de la pièce, Sonia tira la porte vers elle et le fameux angle mort du coin de la pièce se révéla à elle. Le pauvre Bobby y était en train de tailler son crayon au dessus de la poubelle (réflexe infantile, bien que l'entreprise ait équipé son bureau d'un taille crayon électrique dernier cri). La jeune femme ne pu réfréner le tsunami de pitié engloutissant tout son bon sens, et proposa </span><span style="font-size:100%;">alors</span><span style="font-size:100%;"> poliment à Bobby de venir aussi, mais pour elle, l'inviter lui revenait au même que d'inviter le taille-crayon, car elle leur estimait autant de valeur et de personnalité à l'un comme à l'autre. Il est vrai que Bobby n'était pas spécialement apprécié dans son entreprise. Il était... toléré, comme on tolère une vieille tante grabataire lors des diners de famille. C'est comme ça. Le charisme, c'est comme l'argent, ou le reste, quand t'en as pas, ben... t'en as pas. Alors Bobby faisait avec. Jusqu'à maintenant. Car, et ça n'était plus arrivé depuis Mai 1992, il était enfin invité à une soirée ! Et une soirée chez Sonia McFlurry qui plus est, la fille à qui il pensait tous les soirs en se masturbant frénétiquement tout en l'insultant à haute voix ! Bref, la femme de sa vie. Alors autant vous dire que la tenue de crabe était justifiée et portait en elle tous ses espoirs.<br />Au bout du cinquième concerto pour sonnette, la porte s'ouvrit enfin. Sonia apparut tout de blanc vêtue et lui lança un "Ah, tiens, salut", avec dans le regard tout d'abord mépris, puis interrogation, puis culpabilité fulgurante. De son côté, Bobby dû lutter pour ne pas sombrer dans le coma pourtant mérité par cette apparition angélique, et en même temps se demanda quel pouvait bien être le déguisement de son hôte.<br />"Bonsoir, lança-t-il, j'ai amené une bouteille !" Il tendit sa bouteille de Liptonic à Sonia puis réalisa avec horreur en entrant dans la pièce que tous les invités étaient de blanc vêtus, des pieds à la tête. Même si ça n'était pas exactement l'idée qu'il s'en faisait, son entrée fit effectivement son petit effet. Le DJ improvisé de la soirée stoppa progressivement la musique, croyant au début d'une nouvelle animation. Mais la seule chose qui débutait, c'était l'immense moment de solitude de Bobby, là, dans son costume de crabe rouge fluo d'un mètre quatre-vingt, entouré de gens à la tenue élégante et immaculée et qui, il doutait que ça soit possible un jour, le méprisaient certainement encore plus qu'avant. Oui, il passait pour un abruti, et il le savait. </span><span style="font-size:100%;">Son visage était rouge de honte, si bien qu'on ne savait plus au commençait son visage et où finissait son déguisement de tourteau, même si l'idée que le thème de la fête avait été finalement respecté car tout le monde autour de lui était déguisé en Connard le réconforta un peu.</span><br /><span style="font-size:100%;">Sonia s'approcha de lui, arborant un sourire embêté. Il connaissait déjà ce qu'on allait lui dire. "Je suis vraiment dé-so-lée, j'ai oublié de te prévenir, y a plein de gens que ça saoulait de trouver un déguisement, alors je me suis rabattu sur un truc plus simple et plus chic... soirée blanc, quoi" lui avoua-t-elle, sous les regards gênés (décidément) de tous ces "blancs-becs" alcoolisés. Meurtri, Bobby grommela un prétexte incompréhensible, et s'esquiva. Curieusement, personne ne le retint, pas même cette "espèce de grosse salope de femme de sa vie", comme il le pensa sur le coup, mais sans se masturber cette fois. Descendant lentement les marches des six étages, il se dit avec fatalisme qu'il allait en chier pour le reste de sa vie au bureau, avec des surnoms et des jeux de mots faciles se référant à "l'épisode du crabe". Mais il se dit aussi que ça aurait pu être pire.<br />C'est vrai. Ce soir, il aurait pu débarquer en courgette.<br /><br />-Mk-</span></div>- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4485545247883098340.post-80032436749232308922008-07-12T03:47:00.000-07:002008-07-16T10:19:36.729-07:00Manifeste.<div style="text-align: justify;"><span style="font-size:85%;"><span style="font-size:100%;"><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >Salutations.</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >Soyons lucide, créer ce blog ne me sert à rien.</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >Premièrement parce que personne ne le lira.</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >Deuxièmement, parce que même si quelqu'un le lit, il n'y trouvera aucun intérêt.</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >Et troisièmement, parce que je ne peux y parler de rien d'important, sous peine de transformer des informations privées en informations nettement moins privées, et du coup, mes options se limitent à ne raconter que des choses insipides du genre "regardez les photos de ma cuisine refaite, avant/après" ou encore "ce week-end, c'était windsurf avec les potes, trop de la balle". De la merde quoi. Ce qui explique le deuxièmement.</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >Voilà pourquoi je vais me servir de cette "chose" comme d'un déversoir à n'importe quoi, j'écrirais tous les jours ce qui me passe par la tête, comme une sorte d'exercice créatif (tous les jours, car l'accès à un ordinateur m'est vital, où que je sois dans le monde).</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >Ça risque de pas être beau à lire, mais qui sait... C'est bien au milieu de la boue qu'apparaissent les pépites d'or.</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >C'est tout pour le moment.</span><span style="font-family: georgia;font-size:130%;" ><br /><br /></span><span style="font-family: georgia;font-family:verdana;font-size:130%;" >-Mk-</span><br /></span></span></div>- Marc Cluchierhttp://www.blogger.com/profile/15569575742842362507noreply@blogger.com